Plusieurs événements dans la vie de notre diocèse et de l'Eglise nous invitent à ouvrir cette page.
Prenez le temps de la lire !
Un miracle attribué à Jean-Paul II à Aix-en-Provence a été reconnu par Benoît XVI
Sur le site du diocèse, le rappel des faits en cliquant sur la photo !
Homelie du Pére Benoit Coppeaux lors de l'inauguration de la statue à L'Eglise du Saint Esprit
Le dimanche 8 mai 2011 (Lc 24, 13-35)
« C'est vrai, le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre » acclament les disciples d'Emmaüs après avoir reconnu le Christ par les yeux de la foi et non par la vue. Après la déception et le doute qui a saisi les disciples de Jésus, après la crucifixion, Jésus en personne vient leur ouvrir les yeux et l'intelligence. Tout ce qui est arrivé a pleinement accompli les Écritures. Jésus donne l'Esprit-Saint qui permet de comprendre tout ce qui le concernait dans l'ensemble de la Bible et qui associe de manière particulière l'expérience du ressuscité et la figure de Pierre.
Ce soir, nous fêtons la mémoire du bienheureux Jean-Paul II en bénissant une statue à son effigie, ici, dans l'Eglise du Saint-Esprit. Une telle démarche nous réjouis tous mais peut aussi étonner, surtout ceux qui ne partagent pas notre foi ainsi que les frères et sœurs de confession réformée. Nous savons que Jean-Paul II avait le souci de l'œcuménisme. Je vais donc donner des raisons expliquant de cette démarche. Je suivrai le plan suivant : si l'Eglise permet d'ériger une statue de lui, c'est parce qu'il est le successeur de Pierre, un témoin de la foi, un exemple pour tous les hommes. Je terminerai en rappelant ce que l'Eglise propose lorsqu'elle offre à la vénération des fidèles l'image d'un saint.
1/ Jean-Paul II fut, en effet, le digne successeur de Pierre ; Pierre l'humble pécheur, ami de Jésus qui l'abandonna mais qui obtint son pardon, qui fut désigné comme le chef de l'Eglise et donna sa vie pour témoigner de la Bonne Nouvelle.
Nous l'avons vu dans l'Évangile, l'expérience du Ressuscité permet de faire Église autour de Jésus grâce à la figure de Simon-Pierre et de ses successeurs. Pierre, le chef de l'Église, est le garant de la foi parce que Jésus, a promis que par sa prière, sa foi ne défaillirait pas. Jésus lui a remis les propres dons qu'il a manifesté aux hommes, notamment celui des « clefs » : le pouvoir de lier et de délier sur terre pour lier et délier dans le ciel. Pierre est ainsi, malgré sa faiblesse, une sorte de pont, un « pontife » entre le monde de Dieu et celui des hommes. Pierre est, en effet, ancré dans le Christ à la fois Dieu et homme, principe de l'extraordinaire échange entre le ciel et la terre que Dieu permet. Dieu s'est fait homme pour que nous soyons faits Dieu par participation ! Tout ce que Jésus a confié à Pierre, Jésus l'a confié à ses successeurs depuis 2.000 ans.
Jean-Paul II a assumé de manière remarquable la lourde charge qui lui était confiée : courageusement, jusqu'au bout, malgré la maladie. Il avait un charisme rare, a joué un rôle politique considérable pour l'effondrement du bloc communiste, pour affirmer et défendre les droits humains fondamentaux, pour la paix, pour œuvrer à l'unité des chrétiens et du genre humain notamment à travers le dialogue interreligieux qu'il a promu résolument. Nul pape avant lui n'est allé autant que lui au-devant des peuples aussi divers pour annoncer l'Évangile à temps et à contre temps, surtout auprès des jeunes. Il les encourageait à avoir l'ambition de la sainteté, de se laisser configurer au Christ sans peur et sans se laisser piéger par les illusions et les mensonges. Il leur rappelait que seul le Christ peut vraiment combler le cœur et que la tiédeur ne peut épanouir. Ses appels et son exemple furent à l' origine de nombreuses vocations.
2/ Jean-Paul II fut un pape exemplaire pas seulement par ce qu'il a fait et dit mais par son exemple de foi. C'est le secret de l'efficacité de son action qui fait du témoignage de sa vie si utile pour nous. Ses proches savaient au combien, la prière était au cœur de son action et de ses décisions. Foi qui lui a permis de traverser des épreuves nombreuses et certaines mortelles : pendant l'occupation allemande, en tant qu'évêque pour résister au régime communiste, en tant que pape pour peser de tout son poids pour faire disparaître le régime communiste, pour pardonner à son agresseur, pour affronter la maladie. Il a toujours témoigné d'une espérance pour le monde qui savait voir au-delà de ce qui le défigure.
3/ Enfin, la vie de Jean-Paul II fut un exemple pour tous les hommes, les qualités que j'ai déjà évoqué y contribuent. Il ne fut pas un homme de sacristie : il est une figure qui contribue à la fierté du peuple polonais dont l'histoire a été marqué par des épisodes glorieux mais aussi par la violence, l'injustice et l'humiliation mais dont le courage face à l'adversité force le respect. Jean-Paul II fut, face à ceux qui soupçonnent l'Église d'être liberticide, le représentant de l'Église telle qu'elle doit être : un lieu de foi, de liberté, de fraternité, de parole, de résistance contre le mal. Il sut s'investir dans la vie publique des hommes aussi bien en Pologne que dans le monde pour promouvoir plus de justice et de liberté. Il fut un homme résolument engagé.
Ce qui rend précieux le témoignage des saints et bienheureux pour nous, qui avons encore besoin de beaucoup progresser, ce ne sont pas les miracles, ni les grandes actions qu'ils ont accomplis. Nous avons chacun notre propre chemin à suivre et nous n'avons pas à chercher à l'imiter. Nous pouvons nous inspirer par l'attachement de Jean-Paul II au Christ, par son courage, sa foi, par l'amour dont il a témoigné, par son espérance, mais Jean-Paul II invite chacun à suivre Jésus, l'imiter selon ses dons et ses talents propres.
Le bienheureux Pierre Favre sj affirmait : « mieux vaut faire grandement les petites choses que petitement les grandes choses ». Jean-Paul II su faire grandement les grandes choses parce qu'il avait appris à faire grandement les petites. Jean-Paul II peut être un exemple non seulement pour les croyants mais pour tous les hommes ; ses qualités n'ont laissé personne indifférent.
Oui, Jean-Paul II est un message vivant qui nous est adressé pour aimer, suivre et imiter Jésus. Sa béatification est par ailleurs remarquable car elle est le fruit d'un appel unanime des catholiques, ces fidèles qui expriment de manière infaillible la foi que Jésus confie en dépôt aux hommes qui l'aiment.
4/ En bénissant la statue de Jean-Paul II, nous rendons hommage au don que Dieu a fait à son Église à travers cet homme. Nous mettons sous nos yeux l'exemple d'homme de foi qu'il fut pour nous aider à tracer notre propre chemin de sainteté avec l'aide de Jésus selon la volonté de Dieu. Il invitait à la foi et la confiance en Jésus-Christ. Nous nous souvenons encore avec émotion l'exhortation qu'il a adressé à tous : « N'ayez pas peur, ouvrez tout grand les porte au Christ ». Il a amené l'Église au IIIe millénaire sans crainte malgré les épreuves et les nombreuses crises que l'Église a subit et continue à subir. Cette exhortation s'adresse encore à nous aujourd'hui. N'ayons pas peur ! Face aux nombreux défis qui s'offrent à l'humanité et à l'Eglise, inventons ! Faisons preuve de fidélité créatrice pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ !
Que ceux qui prieront le Seigneur devant cette image soient stimulés dans leur foi, par l'intercession de Jean-Paul II, pour qu'ils aiment et suivent davantage Jésus, qui fut celui qu'il ne cessa d'inviter à le rencontrer et à l'aimer.